Réunions parisiennes en août

Merci à l’intergroupe de Paris d’avoir synthétisé les informations sur l’ouverture des réunions au mois d’août 2018 !

Voici toutes les infos concernant le mois d’aout:

Lundi midi anglophone (ste Elizabeth) OPEN

Lundi midi francophone (pyramides) RDV Jardin des Tuileries près du bassin le plus proche du métro Tuileries (ligne 1)

Lundi soir francophone (aqueduc) OUVERTE

Mardi soir francophone (15eme) RDV Jardin du Luxembourg près du kiosque à musique

Mercredi midi anglophone (St Germain) CLOSED 8 AND 15 august

Mercredi soir anglophone CLOSED but call +33(0)683768476 (possibility to meet somewhere else)

Mercredi soir francophone (St Dominique) FERMÉE JUSQU’À NOUVEL ORDRE, MAIS RDV au Jardin du Luxembourg à l’horaire habituel. Si des personnes souhaitent prendre du service à la rentrée, il est possible que cette réunion puisse rouvrir

Jeudi midi francophone (13eme) RDV Jardin du Luxembourg près du kiosque à musique

Vendredi soir francophone (13ème) FERMÉE

Vendredi soir francophone (Ste Elizabeth) OUVERTE

Samedi – Atelier d’écriture francophone FERMÉ – RDV LE 3ÈME SAMEDI DE SEPTEMBRE

Samedi matin anglophone OPEN

Dimanche francophone St Dominique FERMÉE LE DERNIER DIMANCHE (29) DE JUILLET ET TOUT LE MOIS D’AOUT – RDV Jardin du Luxembourg près du kiosque à musique


Réunions des 1er et 8 mai + nouvelles réunions Caen / St Germain en Laye

  • Suite aux jours fériés des 1er et 8 mai, certaines réunions se déroulant le mardi n’ont exceptionnellement pas lieu ou sont déplacées. N’hésitez pas à appeler pour vous renseigner ! A Paris, la réunion du mardi se tiendra les 1er et 8 mai au kiosque du jardin du Luxembourg à 18h30. Venez nombreux !
  • Une nouvelle réunion a ouvert à Caen, les mardis de 20h à 21h30, maison de quartier de La Guérinière, 13 place de la Justice. Merci à tous les serviteurs qui ont permis son ouverture !
  • La réunion anglophone de Saint-Germain-en-Laye a désormais lieu 1 avenue des Loges, mercredis de 12h30 à 13h30. Les partages en français sont également bienvenus.


Paris – réunion IP – nouvelles réunions

Deux réunions relatives aux actions des comités d’information publique et de l’atelier de l’intergroupe de Paris sont prévues le 3 février 2018:

– de 10h30 à 11h45 ;

– et de 12h45 à 14h.
avec une pause déjeuner prévue entre. Sauf information contraire, on peut manger dans la salle.
Lieu : Maison des associations du 3e arrondissement, 5 rue Pérée, 75003.
Quatre nouvelles réunions ont ouvert à Paris :
– une réunion francophone, le lundi de 19h à 20h, 12 rue de l’Acqueduc (10e)

Une semaine = un thème = un témoignage. Lundi 15 : Etapes 1/2/3 Lundi 22 : l’abstinence Lundi 29 : le marrainage

– une réunion francophone, les mardis de 18h30 à 19h30 au 4A rue Vigée-Lebrun (15e)
– une réunion francophone, les vendredis de 18h30 à 19h30, au 188 rue de Tolbiac (13e)
– une réunion anglophone les mercredis de 19h à 20h à l’Eglise Américaine (65 Quai d’Orsay, 7e)

Il n’y a pas de réunion près de chez moi, pouvez-vous m’aider ?

Chez les Outremangeurs Anonymes, nous avons trouvé une solution qui nous aide à sortir de notre maladie, la compulsion alimentaire. Si votre façon de manger est pour vous une source de souffrance et si vous avez décidé de vous en sortir, nous aimerions partager cette solution avec vous.

La documentation OA : Divers livres et brochures exposent ce qu’est le programme OA et proposent des témoignages de rétablissement. Sur simple demande, nous vous ferons parvenir la liste des ouvrages disponibles et un bon de commande.

Les congrès ou à une convention OA : Consultez régulièrement la rubrique Actualités, des réunions d’une journée ou deux sont organisées. Ces week-ends de rencontre, de partage et aussi de fête sont une bonne opportunité de rencontrer les Outremangeurs Anonymes pour la première fois si vous êtes intéressés ou concernés par le mouvement des O.A.

Les réunions ouvertes des Alcooliques Anonymes : Les Outremangeurs Anonymes sont profondément reconnaissants envers les Alcooliques Anonymes sans qui notre mouvement n’existerait pas. Notre programme de rétablissement est fondé sur celui des A.A., que nous avons adapté à nos besoins. De nombreux outremangeurs se sont rétablis en participant aux réunions ouvertes des A.A., remplaçant le mot alcool par « nourriture » et « alcoolique » par « boulimique, anorexique, mangeur compulsif… ». Vous pouvez trouver la liste des réunions des alcooliques anonymes sur leur sitehttp://www.alcooliques-anonymes.fr/

Ouvrir une réunion dans votre ville, c’est possible : Peut-être d’autres personnes de votre région nous ont-elle déjà contacté avec le désir d’ouvrir un groupe OA. Envoyez-nous un message, nous pourrons ainsi vous mettre en contact avec elles. N’hésitez pas non plus à consulter notre page « Créer une réunion« .


J’avais trop peur de grossir, je me suis fait vomir…

1er octobre 2004

témoignage de Julie

Bonjour. J’ai 24 ans, je suis anorexique-boulimique vomisseuse et je vais bien aujourd’hui. C’est en voulant rédiger ces quelques lignes que je me suis posée la question suivante : « Mais que s’est- il passé pour que j’en arrive là ? »

En effet j’ai grandi dans une famille où tout me semblait tranquille mais où tout de même les repas étaient toujours un peu plus longs et surtout plus copieux qu’ailleurs !!!

Cette constatation pour me dire que mes problèmes avec la nourriture ont certainement un rapport avec cette omniprésence de la bouffe dans mon environnement familial…

De plus, aussi loin que je me souvienne la notion d’apparence m’a toujours fait peur. Petite j’étais ronde et on m’a souvent dit que j’étais rigolote « je suis sûre que si on la pousse elle va rouler ». Puis j’ai grandi et j’ai eu une apparence somme toute normale, du moins je n’avais aucune réflexion désagréable jusqu’au jour où, à 9 ans, ma mère a décidé de m’envoyer chez le coiffeur. C’était la catastrophe ! A l’école j’ai subi les rires et les moqueries de mes camarades. C’est à cet instant précis que j’ai pris conscience que les gens accordaient beaucoup d’importance au paraître. Dès lors je me suis sentie déstabilisée et mal dans ma peau.

L’été suivant, je suis partie en vacances chez ma tante, première fois que je quittais mes parents. J’étais triste, je pleurais le soir en cachette, car fière je voulais montrer que j’étais une grande fille même si au fond j’étais fragile comme un bébé.

Et puis arriva une profonde tragédie pour moi : mon amie, sa petite sœur et sa maman sont décédées dans un accident de la circulation. C’est la première fois que j’ai vu mon père pleurer. J’avais beaucoup de chagrin et j’avais aussi très peur mais je n’en ai jamais parlé.

Puis vint l’adolescence, je n’étais pas très bien dans ma peau mais je faisais beaucoup de sport, j’avais des amis sympas et ça se passait quand même plutôt bien jusqu’au jour où mon club a fermé. Il était impossible pour moi de pratiquer ce sport dans un autre club que le mien, puisque ma famille était très investie bénévolement, « je ne pouvais pas aller chez l’adversaire ». Je me suis sentie mal dans ma peau, j’ai pris un peu de poids et un jour j’ai entendu un « eh la grosse ! » de la part d’un camarade de classe. Il m’a avoué que c’était pour rire mais moi ça ne me faisait pas rire du tout…

Puis c’était la fin des années collège et j’ai pris la décision d’aller au lycée en tant qu’interne, je ne savais pas alors que je commettais une grave erreur. En effet j’ai toujours eu l’impression de communiquer avec ma famille mais l’éloignement m’a permis d’avoir une prise de conscience dramatique. L’année de seconde était très difficile car le niveau était bien plus élevé que le collège où j’étais. J’avais de mauvaises notes et lorsque j’appelais chez moi les sujets de conversations tournaient essentiellement sur mes résultats scolaires (comme mes notes étaient nulles ça ne m’enchantait pas) et sur la qualité de la nourriture à la cantine…J’étais de plus entourée d’amies très proches de leurs parents (sans doute à mon grand malheur). Je prenais conscience que ma famille était différente, j’ai d’ailleurs aujourd’hui la réponse à mes questions puisque j’ai eu connaissance d’un lourd « secret de famille ». Je me rendais également compte que je n’avais jamais réellement eu de preuves d’amour de la part de mes parents et les gestes d’amour et d’affection étaient peu présents. Quand j’y repense avec du recul je trouve ça bête mais à l’époque j’étais en pleine crise existentielle et dans le tourbillon de l’adolescence ? De plus je me sentais mal dans ma peau car je ne faisais toujours pas de sport, j’avais pris du poids et puis toujours pas de petit ami, je me trouvais moche.

J’ai commencé à repenser à un tas de choses, comme le fait que chez moi on ne parle pas de ses sentiments (la mort de mon amie). Je me suis souvenue des moqueries de mes camarades. Ma grande sœur était aussi à l’internat mais pour elle j’étais un boulet. Il faut dire qu’on ne sait jamais très bien entendues. Elle m’a avoué qu’elle me jalousait car pour elle j’étais la petite chouchou des parents. J’avais aussi beaucoup de ressentiment vis à vis d’elle. Un an auparavant ma grand-mère m’a révélé un secret intime sur ma mère. Quand je l’ai su ça m’a fait beaucoup de chagrin ? Je l’ai dit à ma sœur et ce qu’elle a répondu m’a beaucoup blessée. Un plus tard je me suis retrouvée avec un mal être profond.

Au printemps ma copine d’internat et moi nous sommes lancées un défi. Nous avons décidé de faire un régime, pour ma copine ça a duré 2 jours et moi je suis tombée dans l’enfer de l’anorexie…

Je me suis isolée et j’ai rompu tous les liens avec mes amis et mes proches. Je ne répondais plus au téléphone, je n’appelais plus, n’écrivais plus, je restais dans ma chambre. Plus je maigrissais et plus j’étais fière, c’était pour moi exaltant d’avoir un tel contrôle sur mon corps, sur mon poids… Je faisais beaucoup de sport jusqu’à tomber par terre mais ce n’était pas grave de toute façon je devais aller jusqu’au bout de mes limites même plus si possible. A cet instant j’étais loin d’imaginer que ce que je faisais était dangereux, de toute façon c’est simple je m’en fichais.

Mes parents ne se sont pas rendu compte immédiatement de ce qu’il m’arrivait. Il faut dire que j’étais très douée pour les mensonges. Ils voyaient que je mangeais (en fait c’était le chien qui se régalait pendant les repas) et puis je faisais du sport, donc tout allait bien… Mais ça n’a pas duré car j’étais très mal et ça je ne pouvais pas le cacher très longtemps. Je ne leur disais plus rien, j’avais des idées noires qui me traversaient l’esprit, j’avais envie de disparaître. Les vacances d’été étaient arrivées, j’étais à la maison. À table je ne faisais plus d’efforts pour cacher, j’assistais aux repas mais je ne mangeais rien. Le climat s’est vite dégradé et mes parents ne savaient que crier pour me forcer à manger. C’était pire que tout…je me sentais encore plus seule, incomprise, j’avais mal. Tout ce que je souhaitais c’est que mes parents me serrent dans leurs bras et qu’ils me disent qu’ils m’aimaient… en vain, mon appel à l’aide ne s’entendait pas, ne se voyait pas. L’été est passé puis la rentrée, l’internat…mon père a été licencié et le climat familial s’est un peu plus dégradé.

Mais ma sœur avec qui je ne m’entendais plus m’a avoué qu’elle était très inquiète pour moi. Elle a décidé de m’aider et a bien « voulu sortir sa petite sœur » un samedi soir. De ça je lui suis très reconnaissante.

Ce soir là j’ai rencontré un garçon qui est devenu mon petit ami. Il était très gentil et très attentionné, même si tout n’était pas rose je me sentais revivre. J’avais encore du mal avec l’idée de manger mais j’étais prête à faire des efforts (ce que j’ai fait.)

Malheureusement pour moi à cette même période la surveillante de la cantine a repéré mon petit manège. Devant mon entêtement à ne rien avaler, elle a menacé « d’alerter la responsable de l’internat et mes parents ». Elle m’a surtout forcé à manger. J’avalais cette nourriture qui me faisait horreur tout en pleurant, puis ne pouvant pas garder cette nourriture je suis allée aux toilettes et j’ai vomi, je n’ai pas l’impression d’avoir eu besoin de me forcer.

Puis la relation avec mon ami s’est dégradée et on s’est quitté, malgré tout je l’aimais encore. Je me souviendrais toujours de ce jour où j’ai fait ma première crise de boulimie. C’était juste après la rupture, je me suis jetée sur la nourriture comme une « enragée », mais cette bouffe je ne pouvais pas la garder en moi, j’avais trop peur de grossir, je me suis fait vomir et c’est bien à cet instant que la boulimie et les vomissements sont entrés dans ma vie. Comme quoi ! J’ai pu dire ce que je ressentais aux gens que j’aime sans colère ni ressentiment, ce qui était nouveau pour moi…

Bien sûr ce n’est pas évident tous les jours, il y a des hauts et des bas, j’ai vécu des moments difficiles mais grâce au soutien de mes amis OA j’ai pu les vivre autrement qu’avec la nourriture. Pour cela je ne remercierais jamais assez les OA . MERCI DE TOUT CŒUR !

PS : une dernière chose : si ça a marché pour moi il n’y a pas de raison que ça ne marche pas pour vous, si vous le voulez vraiment !


J’ai passé 35 ans à faire du yoyo…

1er octobre 2004

 

 

Bonjour, je m’appelle Liliane et je suis boulimique. Lorsque je suis arrivée en OA, je venais résoudre mon problème de poids. J’ai passé en effet 35 ans à faire du yoyo et traîner un surpoids en perpétuelle augmentation.

J’ai donc écouté témoignages et partages, lu la littérature OA. Certes, j’étais mieux en réunion, mais, rentrée chez moi, confrontée à cette nourriture que je ne gérais pas, je ne comprenais ni mon fonctionnement ni la façon d’aller bien. Cependant, j’ai vite entrevu que, plutôt qu’un problème de poids, j’avais un problème de comportement alimentaire.

COMMENT changer ? QUE changer ?

Certes, je savais bien, ayant suivi 36 régimes des plus variés : dissocié, hyperprotéiné, hypocalorique, de hautes calories ou calories vides ( ?) sans oublier « œuf dur – pamplemousse » (qui substitue une crise de foie au surpoids) ananas, diète, et autres…comment répartir les aliments et combien de calories représentaient 100g de viande ou 3 prunes, mais cela ne m’empêchait nullement, me faisant houspiller au travail, ayant une grande joie ou une déception, de courir à tout moment au frigo ou au placard pour me consoler, « m’anesthésier » de mes émotions, en quelque sorte.

Donc, ayant admis mon impuissance devant la nourriture, je devais aller plus loin. Je découvris au fil des réunions que le mal en moi était plus profond et qu’en fait j’étais malade de mes émotions, ce qui entraînait un disfonctionnement dans tous les domaines de ma vie.

J’ai encore résisté, voulant contrôler à tout prix mes peurs, mes joies, ma vie…alors même qu’elle était devenue des plus insensées.

Et puis un jour, sortant d’une réunion j’ai dit « ça y est, j’ai compris ce qu’était lâcher prise ». Il m’a semblé que cela m’était brusquement révélé (mais, bien sûr je travaillais le programme depuis longtemps déjà). Et j’ai lâché prise à partir de ce jour là : la nourriture compulsive est complètement sortie de ma vie dès lors. Je m’applique à être dans mes 24h pour mes projets, à ne pas me préoccuper pour l’avenir, à m’aimer un peu plus chaque jour et faire des choses pour moi ( vêtements, sport, repos ou cadeau).

« ET LA NOURRITURE ? » direz-vous. Et bien, la nourriture, je la gère quand elle arrive sur la table. Si je suis invitée, je mange ce qu’on me présente, en évitant de me resservir mais sans « passer » un plat et sans compter les calories. Lorsque mon couvert est posé, le repas est fini et je n’y pense plus jusqu’au prochain. Quel repos ! Quel temps aussi pour me promener ou travailler… et puis je suis revalorisée à mes propres yeux (plus besoin de mentir ou me cacher). Certes, invitée je mange encore trop parfois mais, un jour à la fois, je redécouvre le goût des aliments (deviendrais-je gourmet ?) et aussi les sensations de faim et de satiété qui m’étaient étrangères.

« ET CHEZ TOI ? » Chez moi, j’ai mis en place une stratégie pour me protéger car je reste fragile émotionnellement. Donc, le lundi matin, juste après mon petit déjeuner (j’ai l’estomac plein , je ne vais pas saliver devant des aliments inutiles ou nocifs pour moi) j’établis mon menu de la semaine, la liste de courses qui en découle et vais faire ces achats. POINT FINAL.

J’ai mes provisions pour ma semaine, donc je ne vais pas rajouter 100g de pain ici, 3 figues là, un caramel ailleurs. Je n’ai plus à y penser, et cela sort de ma tête. Depuis que je fonctionne ainsi, je n’ai plus de réserve démentielle ni d’aliments à risques ( pour moi le sucre principalement). Et j’ai donc trouvé mon abstinence pour moi, c’est éviter toute bouchée compulsive c’est à dire ne manger qu’au repas et lorsque j’ai faim.

« ET TES EMOTIONS ? » Celles-là, elles font partie de la vie, elles seront toujours dans ma vie. J’y fais face en téléphonant aux amis, en lisant la littérature OA, en étant très assidue aux réunions, en faisant un peu de service . Et puis je pleure, je ris ( au lieu de manger) je savoure aussi mieux chaque petit bonheur qui m’est accordé.

MON ABSTINENCE m’a apporté la paix avec moi-même, un peu plus d’estime, et tout un nuancier de sensations nouvelles : gustatives, olfactives et spirituelles. Je sais que la perte de poids ( déjà commencée) viendra à son tour comme un cadeau. Mais ma préoccupation essentielle aujourd’hui n’est plus mon poids mais mon abstinence, à laquelle je travaille, un jour à la fois.


Des amis m’ont dit : « Ouvre un groupe dans ta ville. »

1er octobre 2004

témoignage de Sandrine

Bonjour, je suis aujourd’hui boulimique, avant j’étais droguée de la bouffe.

J’en avais marre d’avoir toujours mal à la tête et envie de vomir après m’être empiffré durant des heures… je ne pouvais plus rien faire à la maison… je criais toute la journée après les enfants, je voulais tout quitter, ma famille que j’avais construit avec mon mari, ma maison, pour aller où ? J’ai rencontré une amie OA qui parlait des problèmes de bouffe et d’un groupe…qu’avant de connaître OA elle est allée voir les alcooliques anonymes (AA) non sans difficultés…moi dans ma tête c’était décidé, il fallait que je m’en sorte. Je me suis renseigné pour connaître les groupes avec réunion ouverte et je suis allée seule (sachant que cette amie serait là avec d’autres) mais je suis entrée seule dans cette réunion, bien décidée et bien accueillie. Dès que la réunion a commencé, il suffisait dans les partages de remplacer le mot alcool par nourriture et je me reconnaissais en chacun des malades qui parlaient…oui malade, car je suis malade.

Je suis donc allée de novembre à février une fois par mois chez les AA, puis en février je me suis rendue à la Convention OA Ouest à Saint-Brieuc ( réunion se déroulant sur un week-end. ) Je me suis retrouvée dans cette fraternité que forme les OA.

Des amis m’ont dit :

 » -Voilà une amie qui veut bien ouvrir un groupe avec toi dans ta ville, vous êtes deux. Alors, ouvres un groupe dans ta ville.
– Oui mais comment faire ?
– Trouves une salle pas chère.
– Oui mais après ?
– On viendra t’aider ! « 

Je savais que je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer pour ouvrir ce groupe mais je me suis dis « pour bouffer j’ai toujours le temps alors tu veux t’en sortir ou pas ? ! » Je ne me suis plus posé de questions. Je suis rentrée de cette convention (extraordinaire) et je me suis occupée à trouver une salle. Après avoir visité plusieurs locaux, j’ai pris le moins cher (15 F la séance) dans un endroit accessible par le bus. Petite annonce dans le journal local pour annoncer l’ouverture d’un groupe OA pour toutes les personnes souffrant de boulimie et d’anorexie. Enfin le grand jour 17 février 1999 – 20 h 30 ouverture, nos amis sont au rendez-vous, ceux qui m’ont dit « ouvre le groupe ! » .Ils viennent de faire 1 heure de route, ils referont 1 heure de route pour le retour… Une amie OA modère, moi c’était ma première réunion (hors convention) nous étions… Je ne me souviens plus mais je me souviens d’une amie qui venait pour la première fois et avec qui nous avons fais un long chemin par la suite… Cela a été une réunion super, les suivantes aussi, beaucoup de demandes d’aide, de personnes de passage, de souffrances, de rires, de partages.

Au bout de 3 mois nous avons fêté le groupe qui va bien avec des fleurs et des bougies… Nos amis qui venaient nous aider étaient toujours fidèles malgré la route, des amies AA aussi sont venues plusieurs fois nous parrainer. Moi j’allais mieux, le groupe allait bien. Une amie était déjà abstinente grâce à ce simple programme. Moi je me suis rendue compte que mes crises de boulimie étaient de moins en moins fortes et de plus en plus espacées. En juin je me suis aperçue que je n’en faisais plus…A une réunion nous étions  » deux anciennes  » et six nouveaux, j’ai paniqué, je modérais mais je me suis dis  » tu peux y arriver ». C’est ce qui s’est passé, la réunion s’est très bien déroulée, j’ai réussi à faire passer le message, heureusement !

L’été arrivait, je savais que je serais absente de début juillet à fin août, il fallait que le groupe reste ouvert. Bien sur beaucoup de bonnes volontés mais pour prendre des responsabilités ce n’était pas facile, surtout pour prendre la clef, ouvrir la salle (que j’ouvrais tous les mercredis) s’occuper de la comptabilité… Je commençais à me prendre la tête et puis je me suis dis : Je ne suis pas chez les OA pour m’en faire alors laisse faire les choses, demande de l’aide et puis si la salle ne peut pas être ouverte tant pis.

Eh ! Bien la salle a été ouverte tout l’été, non il n’y a pas eu de personnes à venir mais l’essentiel c’est que le jour où je suis revenue fin août, la porte était ouverte et ce n’était pas moi qui l’avais fait et la réunion a eu lieu. Le mois de septembre a été difficile, peu de monde, celles qui étaient venues au printemps ne sont pas revenues, pourquoi ? C’est leur problème.

Moi j’allais bien, j’étais heureuse de me retrouver dans le local qui était un petit chez moi, j’étais abstinente, il fallait pour mon rétablissement que le groupe marche. Petit à petit des personnes sont revenues mais c’était surtout des amis de passage. Nos amis qui faisaient la route venaient de moins en moins, il fallait que l’on se débrouille, normal l’amie qui avait ouvert le groupe avec moi était trop mal, elle ne venait pas régulièrement, elle n’arrivait pas pourquoi ? Cela lui appartient… L’autre amie qui a été la première abstinente dans le groupe ne revenait plus pourquoi ? Cela lui appartient… Moi je voulais que ça marche, mais j’étais fragile, je doutais, mais une chose que je savais c’est que j’étais abstinente, je gagnais chaque jour l’abstinence et pour cela j’étais heureuse. Je me disais tiens le coup jusqu’à la prochaine convention de Saint-Brieuc en février 2000. Ton groupe est jeune. Une amie était aussi abstinente depuis 1 mois, d’autres arrivaient et quelques- unes commençaient à rester, il y en à encore qui à ce jour sont toujours dans le groupe et abstinente… janvier est passé, difficile, puis février …

Convention de Saint- Brieuc, très bon partage, constitution du Territoire Ouest. Cela m’a donné beaucoup de courage cette fraternité qu’est OA. On me présente une amie qui a quelques années d’abstinence et surtout du programme, elle a beaucoup d’humilité, elle me dit : « je viens habiter la ville où tu vis »… Quel cadeau !Le groupe a fêté ses 1 an …bougie …fleurs, très belle fête, très belle réunion, nos premiers amis sont toujours là, 1 heure de route pour venir, 1 heure pour le retour. Des amis sont restés de plus en plus, le groupe est soudé, il va bien, moi j’ai fêté ma première bougie en juin 2000, je me suis donc pour aujourd’hui en voie de rétablissement, confiante et abstinente.

Je vais régulièrement en réunion car je me méfie de cette maladie. Je sais qu’aujourd’hui je peux m’appuyer sur le groupe, j’ai des amis OA « Super », je sais que si je ne pouvais plus me rendre à ces réunions le groupe lui continuerait d’exister, c’est pour moi un grand soulagement. La porte, cela fait des mois que ce n’est pas moi qui l’ai ouverte. Nous avons changé de local, maintenant, il est plus grand, plus accueillant et surtout plus facile à trouver.

Je voulais écrire ce témoignage pour que toutes celles et ceux qui souffrent de problèmes de nourriture comme moi sachent qu’il existe des groupes AA qui ouvrent leurs portes. Et que malgré des passages difficiles un groupe OA peu s’ouvrir près de chez soi. Je voulais dire que « lentement ça se fait » et que je vais bien grâce aux réunions. Je voulais dire aussi que je ne me souviens pas de tout mais que j’ai écris ce témoignage avec sincérité pour partager mon expérience et aider d’autres OA. Je voulais remercier les amis OA qui m’ont permis d’ouvrir le groupe et qui ont fait tant de kilomètres pour qu’il existe. Remercier tous ceux qui sont passés, tous ceux qui restent et qui viennent régulièrement en réunion et qui me permettent d’aller bien aujourd’hui.

Merci. MERCI à vous de m’avoir lu.